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Temps de cloture

Parole aux citoyens | Morceaux choisis

Ils se nomment Chantal, Martin, Séverine et Anne et ont participé à cette deuxième édition de la CEM.Que retiennent-ils de ces 3 années de participation citoyenne ?
Chantal souligne « la richesse des formations » qui lui ont ouvert l’horizon : bilan carbone, interventions d’expert, fresque, « un bon outillage pour des réflexions pertinentes au sein du groupe de travail. ».
Séverine, elle, s’est sentie utile pour sa ville : « le fait de pouvoir réfléchir à ce que l’on souhaite pour la ville et d’être en interaction avec la mairie est un vrai plus. Cela permet de mieux comprendre les coulisses et les limites. »
Même constat pour Martin, « agréablement surpris par l’engagement de élus et des services ». En revanche, le facteur temps lui laisse quelques frustrations : « le rythme du groupe de travail est parfois lent et pas assez soutenu ».
Séverine a ressenti également une « impression que tout prend du temps et que les effets ne seront pas ceux attendus, les propositions des habitants n’arrivant pas toujours au bon moment. »
Il n’est pas toujours évident de « trouver sa place et apprendre à travailler ensemble et avec les services de la ville », complète Anne. Mais elle s’est sentie bien dans un « cadre très agréable, apaisé, bienveillant et en écoute. Je suis frustrée de devoir arrêter. »
Une expérience enrichissante pour tous !
Parole aux élus | Faire vivre la démocratie participative : un choix politique, un chemin exigeant
DOMINIQUE PERNOT, CONSEILLERE MUNICIPALE, PRESIDENTE DE LA CEM 2023-2025
Créer une commission extra-municipale dédiée à l’urbanisme et à l’environnement n’est pas un acte anodin. Par la délibération du 21 décembre 2020, les élus de Meylan ont fait le choix d’ouvrir la décision publique aux citoyens et aux associations et de mettre concrètement en pratique la démocratie participative.
Née de cette volonté, la CEM a reçu une mission claire : contribuer à l’intérêt commun en formulant des avis sur les politiques d’urbanisme et d’environnement, en animant le débat public et en favorisant l’appropriation des projets qui façonnent le cadre de vie. Une instance participative ne vit pas par les textes mais par l’implication de celles et ceux qui s’y investissent — c’est l’un des grands enseignements de ces premières années.
Habitants et représentants associatifs ont consacré bénévolement temps, énergie et compétences au service de l’intérêt général. Dossiers parfois ardus, réunions, contributions, débats techniques : un investissement réel. Ceux qui imaginent la participation citoyenne comme une promenade de santé n’ont sans doute jamais ouvert un dossier d’urbanisme. Cet investissement peut aussi connaître des moments de découragement, pour les habitants comme pour les élus. Sujets complexes, rythmes institutionnels peu compatibles avec l’impatience citoyenne, désaccords inévitables : tout cela fait partie du chemin. Le reconnaître ne fragilise pas la démarche ; cela lui donne au contraire sa sincérité.
Les deux premières années ont fait de la CEM un véritable laboratoire démocratique : un espace d’apprentissage partagé entre citoyens, élus et services, avec ses expérimentations, ses
ajustements et, comme dans tout laboratoire vivant, quelques surprises. L’évaluation approfondie menée ensuite, avec sérieux et transparence, montre qu’il s’agissait moins de préserver un dispositif que de le faire évoluer.
Une conviction s’est imposée : la réflexion collective est une ressource précieuse pour l’action publique, à condition de disposer d’un cadre lisible, de méthodes adaptées et d’un lien clair avec la décision politique. Conserver les acquis, améliorer les pratiques, renforcer le lien avec les habitants, faire évoluer le dialogue avec les élus, éviter la précipitation : ces orientations traduisent une volonté de progression, non de renoncement.
L’évolution vers une « CEM 2 », élargie dans ses thématiques (transition énergétique, biodiversité, nature en ville, ville du futur) et renouvelée dans sa composition, ouvre une nouvelle étape. Elle prolonge le travail des premiers membres, qui ont permis d’identifier les conditions d’un fonctionnement plus efficace et plus ouvert.
La CEM n’est pas seulement une instance consultative. Elle reflète une culture démocratique en mouvement, où élus, habitants et associations cherchent ensemble les meilleures voies pour l’avenir de la commune. Une telle dynamique demande persévérance, écoute et constance.Parier sur l’implication citoyenne, c’est parier sur l’intelligence des habitants, l’expertise d’usage
des associations et leur attachement au bien commun. À Meylan, cette dynamique repose sur des femmes et des hommes investis, dont la contribution mérite d’être saluée. C’est grâce à eux que la démocratie locale se nourrit et progresse.
Les deux rapports d’activités, en particulier le dernier, témoignent d’une réelle capacité de production. Les quatre groupes de travail ont remis analyses, préconisations et propositions
conformes aux missions confiées. De ce point de vue, les objectifs ont été atteints. La période électorale appelle aujourd’hui à la réserve : elle ne permet ni réponses détaillées ni
engagements formels. Cette contrainte ne remet toutefois pas en cause la valeur du travail accompli.
Au contraire, l’expérience acquise, les méthodes développées et les contributions produites constituent un socle utile pour la suite. Elles nourrissent déjà la réflexion locale et offrent des points
d’appui pour l’avenir. Les reconnaître, c’est témoigner du respect dû à l’implication citoyenne et à la qualité du dialogue construit.
La démocratie locale s’inscrit dans le temps long. Ce qui a été semé par la CEM continuera d’alimenter les pratiques futures. C’est là tout le sens de cette démarche. Une commune avance mieux quand celles et ceux qui y vivent prennent part à son avenir
FRANCIS PILLOT, CONSEILLER MUNICIPAL, VICE-PRESIDENT DE LA CEM 2023-2025
Représentant de l'opposition dans la CEM, j'ai vécu les difficultés de la CEM1 lancée en 2020 par la majorité dans de mauvaises conditions. Le changement au bout de 3 ans de fonctionnement a replacé la CEM dans un nouveau cadre et cela a conduit à un fonctionnement un peu hésitant.
Toutefois je veux féliciter les habitants qui se sont investis dans la durée ; ils se sont inscrits dans le nouveau cadre, en cherchant à faire avancer avec les élus et les services cette expérience de démocratie participative.
Comment re-bondir sur cette expérience? Comment aller plus loin quant au nombre de participants impliqués?
Les rapports d'activité finaux représentant 3 ans de travail sont à prendre en compte assurément.
Eybens
Gières
Grenoble
Grenoble Alpes Métropole
Le Pont-de-Claix
Meylan
Seyssinet-Pariset
Vizille